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Je m'adresse
à toi car j'ai vécu autrefois ce que tu connais aujourd'hui. Je
te souhaite de ne jamais aller aussi loin que je suis allé moi-même
dans toutes sortes de défonces. Mais pourquoi et comment essayer
de te faire réagir aujourd'hui? Parce que j'aurais aimé avoir
un avertissement crédible au moment où je dérivais mais que,
comme toi très probablement, je n'ai rencontré que des gens qui
ne réussissaient pas à me comprendre ou d'autres qui se montraient
très tolérnts par faiblesse morale. Tes collègues que je croise
dans la rue tous les jours n'ont pas l'air bien heureux et qu'est-ce
qu'ils ont l'air d'être seuls. Pour ne pas réveiller vos blessures,
personne n'a le courage d'essayer de vous sortir de votre torpeur
apathique.
Tu consommes
ta vie comme un acte de révolte, d'affîrmation mais ça t'est difficile
de prendre conscience que ta vie s'échappe entre tes doigts comme
le sable des illusions dans lesquelles tu as fui. Les autres construisent
tant bien que mal leur vie, mais toi tu remets toujours à demain
tes responsabilités. Tu prolonges l'immaturité de la jeunesse au
non, de ta liberté alors que les autres doivent tout assumer à ta
place mais c'est vrai que dans les nuées des plaisirs artificiels
on n'est pas à un paradoxe ou à un mensonge près. Entre deux
pétards, tu te rends brutalement compte que tu es devenu spectateur
de ta propre existence comme dans un jeu virtuel. Or la vie
c'est concret. C'est dans le réel que tu pourras communiquer avec
les autres, tu as besoin d'eux, comme eux ont besoin de toi. Ne
compte pas trop à ce moment-là sur tes complices de désordre pour
t'aider. Copain de joint ou copain de bistrot, même combats ! Ils
ont déja assez de mal avec leur propre vie, alors la tiennet ! Pas
vraiment d'amour ni d'amitié dans ce milieu-là! Malgré l'image que
les drogués essaient de donner d'eux, leur vérité c'est la fuite,
l'égoïsme et une immense solitude.
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Ce n'est pas
ce que tu cherchais n'est ce pas? Mais c'est pourtant la seule chose
que tu pouvais trouver en cherchant la jouissance et le refus de
vivre dans l'ordre. Ceux qui sont passés avant nous n'étaient pas
plus bêtes que nous mais ils savaient que le bonheur est une
construction aléatoire qui repose sur des efforts sur soi-même.
Toute notre existence est fondée sur l'amour qui n'est ni triche
ni égoïsme. Tu as été trompé c'est un fait, mais la vie continuera
pour toi si tu prends enfin en mains le combat de ton existence.
Tu t'éloigneras de cette angoisse de vivre et de ce dégoût de toi-même
qui n'était, au fond, qu'une incapacité à exister vraiment.Quand
le rêve paraît plus beau que la réalité, pourquoi revenir
vers la réalité?
Plus personne
ne vient parler du Ciel aux jeunes, alors le paradis sur terre tardant
à paraître à l'horizon, ils fuient vers les paradis artificiels.
Je ne t'accable pas, car tu voulais une nour-riture pour ton âme
mais on ne t'a donné que des pierres. Certes, en donnant le meilleur
de toi-même tu risques d'y laisser des plumes, mais a vraie vie
est un risque à courir. Ceux qui refusent cette évidence fuient
dans un suicide spirituel et humain. Je ne te promets rien, mais
quand tes yeux s'ouvriront à la vie, tu découvriras la beauté qui
nous entoure malgré les difficultés de l'existence et la joie qu'il
y a à se donner. Cette paix du coeur que les illusions du monde
moderne n'ont jamais pu apporter à quiconque. Ne recules pas
vers ce qui n'a jamais été mais monte vers ce qui demeure. N'aie
plus peur de la vie, lève ton regard vers l'avenir et considère
les autres comme tes amis et non plus comme des agresseurs et des
ennemis. (…)
Texte publié
dans le livre " Un sens à ta vie " aux éditions Le Sarment Fayard.
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Dominique Morin
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