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J'ai des copains
et copines qui fument. J'ai connu ça surtout en première. J'ai commencé
à aller à des soirées et tout le monde en prenait.
Tu en as déjà
fumé ?
Oui, à une soirée
entre copains. J'ai continué occasionnellement. Très peu, j'ai eu
peur que ça me mène plus loin. J'ai un copain qui a commencé, c'était
un bon élève, il avait de la facilité. Il est allé plus loin. Du
coup, il est devenu vendeur et il est en prison. Il vient d'en prendre
pour deux ans.
Au lycée, il
y en a beaucoup qui en prennent ?
Oui. Même ceux
qui font du sport. La majorité de ceux qui font sport-études dans
mon lycée en prennent.
Quels sont les
milieux touchés ?
Tous les milieux.
Je pense que plus on a les moyens plus on en prend. Quand on a les
moyens, on y goûte, on y goute... et on devient dépendant. Moi,
d'en prendre, ça m'a jamais rien procuré, aucun plaisir, et à ma
copine non plus. Dans les soirées, on était plutôt dégoûtées de
voir les copains fumer et prendre de l'alcool. Le mélange des deux
rend vraiment malade. On m'a proposé d'aller dans des soirées "rave
". Je sais très bien ce que c'est. J'ai vu des jeunes en revenir.
Ils sont très fatigués, blancs, les yeux rouges. Ce qu'ils prennent
dans ces soirées, ça se voit encore plus sur les filles. Je leur
ai dit que j'avais besoin de continuer mes études.
Au lycée, les
professeurs en parlent-ils ?
Non. Il y en
a qui s'en aperçoivent même pas. Et d'autres qui en ont assez et
ne prêtent plus attention. Ils sont tellement dépassés qu'ils sont
dégoûtés. Je trouve qu'au lycée, il devrait y avoir des débats sur
la drogue. Sans demander à ceux qu'en prennent de le dire. Mais
certains ne connaissent même pas les effets secondaires sur l'organisme.
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En terminale,
dans le cours de bio, en section S.M.S., on en parle. Ces cours-là,
tout le monde est intéressé, tout le monde écoute. Je trouve ça
indispensable d'être informé.
Tu es pour la
légalisation ?
Le plus dingue,
c'est que non. Je ne suis pas pour.
Tu en parles
avec tes parents ?
Non, jamais.
J'en parle beaucoup
avec mes copines et avec mes copains. Quelquefois, on essaie de
prévenir, d'aider.
Comment ?
Par exemple,
on dit: " C'est plus un appartement chez toi, c'est un squat.
Ceux qui viennent te voir, c'est pour profiter. Si tu arrêtais de
les fréquenter, tu verrais si tu as encore de véritables amis. Ceux-là
ne sont intéressés que par le shit. " Nous on dit ça plutôt que
: "C'est pour ta santé. " Grâce à ça, on est déjà arrivés à
ce que ce soit plus le squat chez eux. Y en a même d'autres qui
ont arrêté complètement d'en prendre.
Ils prennent
quoi?
Ça, c'est horrible,
il faut pas toucher aux bangs. Notez bien ça, Madame. Certains ne
supportent pas du tout. Il y en a qui passent les soirées dans les
toilettes. Les bangs, tu inhales que du shit. C'est affreux de les
voir. Ils sont tout blancs. Ils vont mal. Souvent, ils prennent
ça en bande, et ceux qui sont autour font monter la pression en
tapant dans les mains, pour exciter. C'est comme " cul sec, cul
sec " avec l'alcool. Et il y en a qui mélangent bang et alcool,
c'est le pire. Pour impressionner les copains, ils font n'importe
quoi. Maintenant, le shit, ça me dégoûte. J'en vois qui ont raté
leurs études à cause de ça. D'autres sont en prison.
ps : Donnez vous aussi votre témoignage
à info@drogue-danger-debat.org


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