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TEMOIGNAGE DE SONIA, 19 ans (Angers)
"Pour impressionner les copains, ils font n'importe quoi."

J'ai des copains et copines qui fument. J'ai connu ça surtout en première. J'ai commencé à aller à des soirées et tout le monde en prenait.

Tu en as déjà fumé ?

Oui, à une soirée entre copains. J'ai continué occasionnellement. Très peu, j'ai eu peur que ça me mène plus loin. J'ai un copain qui a commencé, c'était un bon élève, il avait de la facilité. Il est allé plus loin. Du coup, il est devenu vendeur et il est en prison. Il vient d'en prendre pour deux ans.

Au lycée, il y en a beaucoup qui en prennent ?

Oui. Même ceux qui font du sport. La majorité de ceux qui font sport-études dans mon lycée en prennent.

Quels sont les milieux touchés ?

Tous les milieux. Je pense que plus on a les moyens plus on en prend. Quand on a les moyens, on y goûte, on y goute... et on devient dépendant. Moi, d'en prendre, ça m'a jamais rien procuré, aucun plaisir, et à ma copine non plus. Dans les soirées, on était plutôt dégoûtées de voir les copains fumer et prendre de l'alcool. Le mélange des deux rend vraiment malade. On m'a proposé d'aller dans des soirées "rave ". Je sais très bien ce que c'est. J'ai vu des jeunes en revenir. Ils sont très fatigués, blancs, les yeux rouges. Ce qu'ils prennent dans ces soirées, ça se voit encore plus sur les filles. Je leur ai dit que j'avais besoin de continuer mes études.

Au lycée, les professeurs en parlent-ils ?

Non. Il y en a qui s'en aperçoivent même pas. Et d'autres qui en ont assez et ne prêtent plus attention. Ils sont tellement dépassés qu'ils sont dégoûtés. Je trouve qu'au lycée, il devrait y avoir des débats sur la drogue. Sans demander à ceux qu'en prennent de le dire. Mais certains ne connaissent même pas les effets secondaires sur l'organisme.

En terminale, dans le cours de bio, en section S.M.S., on en parle. Ces cours-là, tout le monde est intéressé, tout le monde écoute. Je trouve ça indispensable d'être informé.

Tu es pour la légalisation ?

Le plus dingue, c'est que non. Je ne suis pas pour.

Tu en parles avec tes parents ?

Non, jamais.

J'en parle beaucoup avec mes copines et avec mes copains. Quelquefois, on essaie de prévenir, d'aider.

Comment ?

Par exemple, on dit: " C'est plus un appartement chez toi, c'est un squat. Ceux qui viennent te voir, c'est pour profiter. Si tu arrêtais de les fréquenter, tu verrais si tu as encore de véritables amis. Ceux-là ne sont intéressés que par le shit. " Nous on dit ça plutôt que : "C'est pour ta santé. " Grâce à ça, on est déjà arrivés à ce que ce soit plus le squat chez eux. Y en a même d'autres qui ont arrêté complètement d'en prendre.

Ils prennent quoi?

Ça, c'est horrible, il faut pas toucher aux bangs. Notez bien ça, Madame. Certains ne supportent pas du tout. Il y en a qui passent les soirées dans les toilettes. Les bangs, tu inhales que du shit. C'est affreux de les voir. Ils sont tout blancs. Ils vont mal. Souvent, ils prennent ça en bande, et ceux qui sont autour font monter la pression en tapant dans les mains, pour exciter. C'est comme " cul sec, cul sec " avec l'alcool. Et il y en a qui mélangent bang et alcool, c'est le pire. Pour impressionner les copains, ils font n'importe quoi. Maintenant, le shit, ça me dégoûte. J'en vois qui ont raté leurs études à cause de ça. D'autres sont en prison.

ps : Donnez vous aussi votre témoignage à info@drogue-danger-debat.org

 

 

 

 

 
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