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Un
véritable débat sur la drogue est-il possible ?
L'expérience de drogue-danger-debat,
par Dominique Morin
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Introduction
: les obstacles au débat |
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QUESTIONS
et REPONSES : Le
cannabis est-il une drogue ? |
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L'alcool
et le tabac sont-ils bien plus dangereux que le cannabis ?
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Si
le cannabis est interdit, l'alcool qui cause un grand nombre de morts,
ne devrait-il pas également être interdit ? |
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Interdire
le cannabis n'est-il pas une atteinte à la liberté individuelle des
consommateurs ? |
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En
légalisant, ne fera-t-on pas cesser le trafic et ses bénéfices ? |
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Avec
le cannabis, y a-t-il dépendance et risque de passer à d'autres drogues
? |
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Laissez
les jeunes faire leurs propres expériences ?
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La
personne qui consomme, qui est-elle, que veux-elle ? |
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Introduction
: les obstacles au débat
Par
Dominique Morin |
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Le premier obstacle au débat, c'est le matraquage permanent en
faveur de la dépénalisation venant de scientifiques, de responsables
politiques ou associatifs avec le soutien presque unanime des grands
médias, ce qui lui donne un cachet de compétence et d'unanimité.
Vient s'y ajouter la complicité ou la complaisance de nombre d'adolescents
et d'adultes immatures avec ce qui représente à leurs yeux au choix
la dernière révolte contre l'ordre établi, un moyen de s'affirmer,
l'appartenance à un groupe ou un refuge contre les malheurs de l'existence
et l'angoisse de l'avenir. Comment dans ce contexte aller à contre-courant
d'une opinion manipulée ?
Voilà pourquoi l'existence de ce site semble particulièrement important,
dans un souci d'information objective et de débat constructif. Car
il y a un besoin urgent de vérité et un véritable respect des personnes
subissant la drogue qui semble singulièrement absents du pseudo-débat
actuel. Technique, idéologique ou affectif, le discours ambiant
oublie trop souvent la personne, sa liberté et sa responsabilité,
en vue d'une solution de son problème avec la drogue. La légalisation
de la drogue ne peut être une solution sociale. La consommation
de stupéfiants s'est largement accrue alors même que l'édifice de
la civilisation semble plus fragile que jamais et toujours à défendre.
On peut d'ailleurs y voir un lien de cause à effet et cela dans
les deux sens.
Je connais le monde de la drogue pour y avoir vécu moi-même. C'est
toujours en premier une rencontre entre une tentation et une personne
avec ses blessures et sa fragilité. Souvent, la personne s'y enferre,
mettant une frontière entre ce qu'elle y vit et les autres à l'extérieur.
Sa volonté devient aléatoire et la liberté un prétexte à ne pas
arrêter. Elle y perd facilement l'esprit critique et le désir d'autre
chose. Cela ne va pas arriver à tout fumeur de cannabis mais le
risque est toujours réel même chez le consommateur occasionnel.
J'y ai rencontré beaucoup de personnes avec de graves problèmes
personnels. Pour celles-là, la drogue est venue aggraver leur déséquilibre
sans rien résoudre de leurs difficultés. Les personnes plus équilibrées
y seront, elles, fragilisées et déstabilisées. Il suffit d'observer
l'attitude quasi-fusionnelle de nombres de drogués avec leur produit.
Cela reste toujours une rencontre de trop dont les profondes séquelles
se manifesteront souvent bien longtemps après avoir cessé l'usage
de stupéfiants. Voir à ce propos combien d'adultes sont encore attachés
affectivement à leur passé ? Ne pas avoir pris en compte cette réalité
affaiblit d'autant le crédit du discours officiel.
Sur ce site nous avons tenté d'instaurer un débat pas toujours
évident. Je vais essayer de résumer, autant que possible, les questions
ou affirmations qui reviennent sur le forum de discussion et qui
reflètent assez bien le débat en l'état actuel des choses.

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Le
cannabis est-il une drogue ?
Par Dominique Morin |
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QUESTIONS
et REPONSES
Le cannabis est clairement un stupéfiant et
n'a quasiment pas d'autre fonction. Il est classé parmi les hallucinogènes.
Il a des implications négatives réelles et nombreuses sur l'organisme
et le comportement de celui qui en consomme. Les informations à
ce sujet ne manquent pas sur le site comme ailleurs. Et je pourrais
ajouter une grande expérience personnelle mais aussi de nombreux
témoignages. Beaucoup de pays ont tiré des enseignements d'études
sérieuses et adapté leur législation aux résultats accablants pour
ce produit. En France, les autorités viennent de décider un dépistage
des stupéfiants, y compris le cannabis, après les accidents mortels
au volant. Après avoir accablé l'alcool et déresponsabilisé le cannabis,
est-ce toutefois suffisant comme prévention ? On semble encore loin
du compte ! Ce retard manifeste bien le pouvoir de nuisance des
idées favorables à la drogue en France. Les drogués pouvant s'appuyer
sur ce crédit médiatique et officiel, cela rend d'autant plus difficile
de leur faire accepter un discours vraiment pédagogique. Et le préjugé
idéologique de certains adultes et éducateurs en faveur du cannabis
les rendant juge et partie, polluant encore plus toute possibilité
d'information. Qui remet en cause ce discours partisan, y compris
un ancien drogué, ne sera jamais invité par les grands médias qui
font l'opinion. De fait, le pseudo-consensus actuel sur le cannabis
ne correspond pas à la réalité. Alors comment connaître la vérité
? Ce surprenant manque de sagesse et d'esprit politique, au sens
noble du terme, éloigne l'attention du débat central qui reste et
demeure une priorité ; qu'appelons-nous, les uns et les autres,
une éducation et une politique de santé publique ?

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L'alcool
et le tabac sont-ils bien plus dangereux que le cannabis ?
Par Dominique Morin |
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On ne peut pas nier les méfaits sur la santé de l'alcool et, dans
une moindre mesure du tabac. Ils sont d'ailleurs pris en compte
pour la prévention et la répression mais il a fallu des années pour
avoir les éléments pour passer à l'action. Il faut donc de la mauvaise
foi pour prendre les statistiques de mortalité comparées sans quelques
réserves. Nous n'avons pas de recul pour le cannabis comme pour
l'alcool et le tabac, aucune étude sur le long terme n'existant
en France et les consommateurs de cannabis étant souvent usagers
d'alcool et de tabac. Faudra-t-il légaliser le cannabis pour faire
ces études vingt ans plus tard, en constat d'échec, comme pour l'alcool
? L'alcool peut-être consommé sans nuisance ce qui n'est pas le
cas du cannabis. Le comportement social et moral du drogué subit
des modifications liées à l'usage du ou des produits car d'autres
drogues sont souvent consommées par les fumeurs de cannabis. Pour
conclure, l'alcool est aujourd'hui largement combattu et réprimé
au volant, par exemple, ce qui n'est pas le cas du cannabis souvent
aussi dangereux. Qu'est-ce qui permet alors de faire de telles affirmations
?
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Si
le cannabis est interdit, l'alcool qui cause un grand nombre de morts,
ne devrait-il pas également être interdit ?
Par Dominique Morin |
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L'alcool est, avant tout, une boisson et une nourriture depuis
des siècles, sauf pour l'Islam. L'eau n'étant potable et courante
chez nous que depuis peu de temps, l'alcool a été longtemps quasiment
la seule boisson dans beaucoup de pays. Il peut être consommé avec
modération sans effets nocifs sur l'organisme ou la perception de
la réalité ( au volant par exemple) ni sur notre fonction sociale.
Ce n'est en rien le cas du cannabis qui n'a jamais eu d'utilité
sociale. Parler de culture à son sujet est un abus de langage. Et
parler de prohibition en le comparant à l'alcool aux U.S.A. est
une escroquerie et ne correspond à aucune réalité. Ce sont pourtant
parmi les arguments du lobby de la drogue, ce qui montre leur mauvaise
foi mais aussi le niveau. Pour résumer, c'est l'abus d'alcool qui
est en cause alors que la simple consommation de cannabis pose déjà
des problèmes.

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Interdire
le cannabis n'est-il pas une atteinte à la liberté individuelle des
consommateurs ?
Par Dominique Morin |
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L'alcool est, avant tout, une boisson et une nourriture depuis
des siècles, sauf pour l'Islam. L'eau n'étant potable et courante
chez nous que depuis peu de temps, l'alcool a été longtemps quasiment
la seule boisson dans beaucoup de pays. Il peut être consommé avec
modération sans effets nocifs sur l'organisme ou la perception de
la réalité ( au volant par exemple) ni sur notre fonction sociale.
Ce n'est en rien le cas du cannabis qui n'a jamais eu d'utilité
sociale. Parler de culture à son sujet est un abus de langage. Et
parler de prohibition en le comparant à l'alcool aux U.S.A. est
une escroquerie et ne correspond à aucune réalité. Ce sont pourtant
parmi les arguments du lobby de la drogue, ce qui montre leur mauvaise
foi mais aussi le niveau. Pour résumer, c'est l'abus d'alcool qui
est en cause alors que la simple consommation de cannabis pose déjà
des problèmes. Interdire le cannabis n'est-il pas une atteinte à
la liberté individuelle des consommateurs ? Les lois ont une fonction
de régulation des comportements individuels en société.
Je connais moi-même les dérives personnelles et sociales auxquelles
peut entraîner l'usage de drogue pour les avoir vécues profondément.
Elles sont loin d'être dérisoires, tous les drogués pourraient,
s'ils en avaient la capacité, en témoigner. Comme d'autres interdits,
celui de la drogue a une fonction préventive et éducative certaine,
accompagné d'une véritable pédagogie. A partir d'un joint, le drogué
voit s'atténuer sa conscience de la réalité et peut atteindre l'ivresse
cannabique au bout de quelques joints. Il va forcément côtoyer d'autres
tentations, voir diminuer son jugement et ses réflexes, au volant
ou en cas de danger, nuire à sa santé très rapidement, avoir des
difficultés à gérer ses relations avec les autres. Cela ne suffit-il
pas à conserver l'interdit pesant sur cette drogue, déjà très affaibli
ces dernières années ?
J'ajouterais que si l'interdit est pour part de l'attrait qu'exerce
le cannabis auprès des jeunes, certains produits bien plus puissants
sont prêts sur le marché à le remplacer pour transgresser la loi.
Je n'ai pas la même conception de la liberté humaine que ceux qui
avancent l'argument de la liberté pour laisser une personne prendre
le risque de se détruire. Certainement parce que je suis sorti,
dans ma vie et dans ma tête, de toute complaisance envers la drogue,
ce qui reste encore à faire à beaucoup d'anciens drogués. Je peux
comprendre le raisonnement d'esclave de ceux qui dépendent de ces
produits. Je l'ai eu moi-même à l'époque où je me droguais. Mais
ceux qui ne sont pas sous cette dépendance et ont le recul et la
sagesse que devrait donner l'expérience, d'où tirent-ils cette notion
de liberté ? Aurais-je arrêté la drogue si elle avait été légale,
ne s'opposait plus à mon intégration sociale et si je n'avais pas
reçu avertissements et informations me permettant d'aller dans ce
sens ?
Je ne crois pas au mythe rousseauiste d'un homme naturellement
bon et perverti par la société. L'homme a parfois besoin d'aide,
surtout un jeune en plein développement de sa personnalité. Face
à des tentations présentes partout, ce n'est surtout pas le moment
de baisser la garde et de le leurrer sur un choix qu'il est incapable
de faire seul, que la pression de son entourage l'invite souvent
à essayer sans se soucier de son avenir. Le non éduque et fait grandir
une personne. Un oui permanent, parfois séducteur et souvent démagogue,
de la part des adultes fait plutôt penser à de la faiblesse et à
de la démission.

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En
légalisant, ne fera-t-on pas cesser le trafic et ses bénéfices ?
Par Dominique Morin |
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Les trafiquants se laisseraient déposséder comme ça de leur business
sans réagir ? Il faut être bien naïf pour le penser. Ils se sont
déjà adaptés au risque de changement et le trafic existera toujours
sous une forme ou une autre. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne doit
pas être combattu impitoyablement. Des grands capitalistes se sont
déjà intéressés à la légalisation et financent le lobby pro-drogue,
ce qui semble démontrer que la place serait vite prise. Il y a aussi
l'économie parallèle d'enclaves sur notre sol national dans lesquelles
les dealers font régner leur terreur, interdisant l'accès à tout
uniforme, payant des enfants pour guetter l'arrivée des véhicules
suspects, organisant des émeutes pour maintenir la police à distance,
stockant même des armes de guerre. S'il est souhaitable de combattre
efficacement les gros trafiquants, ceux-là ont pourtant une quasi-impunité.
Et les trafiquants ne pourraient vendre leur drogue aux consommateurs
sans ces dealers qui sont leurs détaillants. Est-il normal que cette
situation se pérennise? A quand un État capable d'assumer sa mission
de faire régner l'ordre et la paix dans ces enclaves où les lois
françaises ne s'appliquent pas ? Y compris en s'opposant aux groupes
de pression qui soutiennent, sous le couvert de suspicion systématique
envers la police, ces dealers qui mériteraient la prison. Pour cela,
il faudra une décision politique au lieu de l'impuissance d'un état
en crise qui semble n'avoir comme ressource que de mettre le produit
en vente libre plutôt que de se donner les moyens d'appliquer la
loi. Comment garantir alors une vraie justice sociale envers les
plus faibles, les enfants en crise ou influençables ? Faudra-t-il,
par lâcheté encore une fois, faire payer à la jeunesse l'inconsistance
de nos autorités devant des groupes de pression ? J'invite enfin
à réfléchir sur la catastrophe morale d'une société qui laisserait
ses enfants s'empoisonner avec sa propre caution. Cette société
qui a justement la charge de défendre le bien commun.

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Avec
le cannabis, y a-t-il dépendance et risque de passer à d'autres drogues
?
Par Dominique Morin |
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Comme tout stupéfiant, le cannabis contient des substances qui
peuvent rester stockées des semaines entières dans l'organisme et
agir sur le fonctionnement de celui-ci. Son usage, même modéré,
entraîne une perception artificielle de la réalité voire une ivresse
avec quelques joints. Il est d'ailleurs classé parmi les hallucinogènes.
L'usage modéré suffit déjà pour atténuer la lucidité et modifier
le jugement. Mais l'effet d'entraînement, la recherche de ses limites,
des problèmes personnels chez l'individu peuvent facilement habituer
à une consommation qui peut rapidement devenir toxico-dépendance.
Ce ne sera peut-être pas la crise de manque du drogué à l'héroïne
mais un réel besoin (physique ou psychologique ?) se manifestera.
L'habitude, le besoin de cette torpeur, de ce monde rassurant se
fera sentir. La consommation d'autres produits (alcool, médicaments
détournés) est souvent présente chez les fumeurs de cannabis et
les mélanges accroissent encore l'effet du cannabis. Ou encore un
usage selon certains procédés (moustache, bang, etc.). Avec le pollen
et l'huile de cannabis, extrêmement puissants ou encore les produits
sélectionnés génétiquement où, avec la même quantité de produit,
on peut obtenir des effets hallucinogènes. La rencontre avec le
cannabis, ses vendeurs ou ses consommateurs, amène forcément à côtoyer
les autres produits. La pression de l'entourage ou la curiosité
joue beaucoup pour essayer un jour cocaïne, ecstasy, héroïne ou
autres. Pour voir seulement mais leur mentalité devenue tolérante
envers les drogues, l'occasion qui se présente à eux ou la lassitude
d'effets limités avec le cannabis peut facilement entraîner vers
d'autres drogues. Il suffit parfois d'une occasion, de ne pas vouloir
se " dégonfler " devant les autres. Avec le cannabis, il existe
déjà aujourd'hui des toxico-dépendances réelles. De toutes façons,
il n'y a pas de différence de fond entre les produits et le monde
de la drogue est plein de passerelles. Toute personne honnête qui
connaît ces milieux peut constater cette évidence.

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Laissez
les jeunes faire leurs propres expériences ?
Par Dominique Morin |
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Au droit d'empêcher quelqu'un de se détruire ou de se suicider
? Oui bien sur, sinon quelle vision de l'amour de son prochain avons-nous
? Voici un argument que j'entends toutefois venant d'adultes auxquels
est confiée l'éducation et la structuration de futurs adultes. On
y retrouve d'anciens consommateurs qui n'ont pas vraiment guéri
de leur passé, immatures, mais aussi des gens de bonne foi qui ne
voient pas comment sortir d'une impasse. Sans espoir politique à
l'horizon, on peut comprendre ces derniers sans les approuver. Pourquoi
sinon faire des lois si chacun doit pouvoir faire ses propres expériences
sans avoir à tenir compte de leurs implications ? Et pourquoi des
parents pour éduquer les enfants ? La solidarité sociale que les
chrétiens appellent la charité comprend aussi l'éducation, des interdits,
une main tendue pour permettre à la personne de grandir ou de se
relever. Cela implique un devoir de vérité et une exigence morale,
mot qui fait si peur aujourd'hui. L'attitude de laissez-faire fait
plutôt penser à la tête maintenue sous l'eau. La jeunesse attend,
de la part des adultes, un message clair. Mais aussi des raisons
de croire et d'espérer car on ne dépasse pas sa faiblesse face aux
tentations sans motivations. Prétendre que des jeunes seraient capables
seuls, face aux drogues, de savoir le mieux pour eux est absurde.
Si nous n'osons pas leur poser des barrières pour les guider, nous
faisons preuve de non-assistance à jeunesse en danger.

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La
personne qui consomme, qui est-elle, que veux-elle ?
Par Dominique Morin |
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La drogue est partout dans la société, dès le collège, dans tous
les endroits ou les jeunes se rassemblent et se rencontrent. Un
adolescent n'a rien à faire de particulier pour rencontrer la drogue,
elle est déjà présente autour de lui. La pression des copains, un
défi personnel, se faire remarquer ou ne pas paraître manquer d'audace,
la curiosité, tous les motifs sont possibles pour prendre de la
drogue. C'est toujours une fois pour voir au début. Qui pourrait
imaginer qu'il se retrouverait intoxiqué un jour ? De plus, seul
le cannabis a une image positive, anodine et branché, auprès des
jeunes grâce à des vedettes de sport ou de musique. Il faut alors
au jeune une réelle motivation personnelle pour refuser la proposition.
Les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas différents de ceux d'hier.
Même aspirations, même difficulté à grandir, très sensibles au regard
des autres, même souci d'affirmation voire de rébellion contre le
monde adulte. Mais les adultes eux ont changé. Adultes immatures,
familles atomisées, crise de l'éducation et de la société. Mais
aussi perte de sens spirituel chez l'homme remplacée par des avatars
; consommation, hédonisme, modes. La jeunesse qui semble refuser
le monde que nous lui laissons nous envoie un message fort ; " nous
voulons autre chose ! " Ne trouvant pas autour d'eux une société
tournée vers la vie, ils partent dans une illusion qui permet d'oublier
en imaginant un ailleurs plus plaisant. Le principe d'une civilisation,
c'est d'assurer la pérennité de ce que nos prédécesseurs ont produit
de meilleur pour le transmettre à notre tour à nos enfants renforcé
de notre propre expérience. C'est l'amour ni plus ni moins. L'harmonie
des lois pour le bien commun rend possible l'exercice raisonnable
de la liberté. Mais sans règles de vie personnelles et collectives
acceptées par tous, il ne peut plus y avoir de véritable liberté.
L'homme se retrouve orphelin et livré à trouver seul un sens à sa
vie. Privé de son passé, il ne peut plus comprendre le présent pour
permettre l'avenir. Alors, il s'enferme en lui-même comme dans une
prison et attend la mort. Réfugiés dans l'éphémère, l'apparence
et la provocation, ceux qui se droguent en foule aujourd'hui nous
envoient un avertissement qu'il faut entendre. Donnez-nous des raisons
d'espérer. Aidez-nous à tenir debout et à ne plus craindre la vie.

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