Un jour de
l'automne dernier, mon fils a choisi de quitter ce monde. Il avait
20 ans. Je n'épuiserai sans doute jamais toutes les interrogations
sur son suicide, qui renvoie à son histoire et à notre histoire
familiale. (...) Mon fils semble avoir subi un effondrement psychique
brutal.
Son ultime
lettre me conforte dans cette idée quand il évoque la cause possible
de son acte par " les quelques trips qu'il a pris dans sa vie
". Son meilleur ami renforce mon avis en parlant de "retour
d'acide ". (...) Johann était heureux, il aimait la fête.
Je ne saurai jamais exactement ce qu'il avait consommé : ecstasy,
LSD, amphétamines (...), mélanges impurs, voire mort-aux-rats.
Lui non plus, hélas, ne l'a pas su !
Johann aimait
la vie intensément. Fragilisé par la rentrée universitaire, privé
de ses amis, le produit toxique a sans doute été le détonateur
de son geste qu'il a accompli dans un moment d'égarement et de
confusion où il a perdu contact avec la réalité.
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J'avais mis
en garde mon fils par rapport à la drogue. Il m'avait affirmé qu'il
ne tomberait pas dedans. Il pensait sans doute à la drogue dite
dure : héroïne avec seringue... La mise au point de ces nouvelles
drogues va bouleverser le fonctionnement de la société parce qu'elles
sont faciles à fabriquer, faciles à faire circuler, faciles à absorber.
Le danger
de ces produits de synthèse réside dans le fait qu'ils se consomment
comme des bonbons, dans des lieux festifs. Il n'existe plus
de rituel quant à leur prise. Ainsi, l'utilisateur ne se trouve
plus en rupture de société et se croit quelque peu protégé. Ce comportement
devient banalisé et démystifié. Il y a urgence d'en prendre conscience.
(...)
Puisse la disparition
de mon fils alerter les familles et les jeunes sur ce terrible fléau.
JEAN-CHRISTOPHE
JANIN, Lyon. Le courrier des lecteurs, Nouvel Obs n°1843


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